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De la vie et comment on s'est fait avoir.

Dernière mise à jour : 25 mars



Muxia est une petite ville de Galice avec son port vétuste, ses bateaux de pêche, son calme et la chaleur des gens du sud. Nous avons été accueilli par une sympathique employée du port qui s’est empressée de nous amarrer correctement, avec le geste sûr de ceux qui prennent à coeur ce qu’ils font. Puis elle est repartie sur son vélo pliant, entre les planches des catways dont certaines en fin de vie. Nous l’avons retrouvé à la capitainerie, petite guitoune en bois qui servait aussi de station essence. On pouvait voir un petit drapeau breton au mur juste derrière elle. Cette gentille personne parlait quelques mots de français. Elle était en sorte là pour tenir le commerce de la station et du port. Elle semblait fatiguée de sa journée à courir d’une tâche à l’autre et faisait un boulot sans grand intérêt, mais avec le sourire et généreusement. C’était très touchant, elle acceptait son fardeau avec grâce..


Nous avons accepté de vivre dans des schémas, installés dans la routine du quotidien sans rien questionner, naturellement, comme de bons petits soldats.

On nous a expliqué depuis la plus tendre enfance qu’il n’y avait rien de tel que le travail, que c’était la santé, et qu’il était indispensable de bien apprendre à l’école si l’on voulait plus tard avoir une bonne situation et fonder une famille comme on dit, l’aboutissement ultime en quelque sorte. On a vu nos parents faire ainsi et tout ceci semble relever de la plus grande normalité n'est-ce pas ? Mais au bout du compte, quand on additionne tout, le compte n’y ait pas, on s’est fait léser. On a beau se réfugier dans les plaisirs occasionnels, il n’en demeure pas moins que le vide intérieur s’est installé durablement. Le désenchantement est bien réel et la tristesse règne au plus profond.

Mais que s’est-il passé, qu’est-ce qui nous a échappé ? Et bien, nous nous sommes conformés à un modèle mensongé. Nous avons suivi aveuglément nos aînés, docilement, sans rien questionner, trop occupé à être une bonne petite fille ou un bon p’tit gars, pour plaire à ses parents, pour faire comme tout le monde, pour suivre le troupeau.

La vie se résume-t-elle à un boulot, pour la plupart sans grand intérêt, routinier, et fonder une famille dans laquelle règne la contradiction, l’isolement, l’autorité, les conflits, quoi qu’on veuille bien nous dire ? C’est bien cela qu’il nous a été proposé non d’une pipe ! Nos aînés nous ont laissé un monde au bord du gouffre, dans lequel règne la terreur et l’insécurité, l’exploitation des individus, les dogmes en tout genre, 2000 ans de propagande religieuse et son lot de culpabilité, de morale véreuse et de jugement, des guerres propres et le KO.. Et nous, dociles petits marmots, nous avons accepté tout en bloc sans rien questionner.


On s’est fait avoir !!! A force de conformisme on s’est installé dans le confort et la quête de sécurité. Mais l’essentiel en a été oublié : de nous donner une vraie éducation, et non pas celle scolaire qui conduit l’individu à devenir un parfait décérébré, ambitieux et égoïste. Nous parlons ici d’une éducation digne de ce nom, avec amour, et sans coup de trique voyez-vous. Pas celle de l’autorité parentale, qui est une forme de violence. Non, une éducation où l’on vous laisse penser par vous-même, sans jugement, et questionner tout et ne rien prendre pour argent comptant. Une éducation qui encourage la curiosité, vivre libre des images, du statut social, savoir cuisiner, réparer. Une éducation qui permet d'être autonome quoi, de trouver ce qui nous passionne, de découvrir que l’amour n’est pas la possession ni la jalousie, que le mariage se résume trop souvent à un contrat d’exploitation mutuel, et que la vie offre la possibilité de découvrir autre chose que la médiocrité du quotidien.

On ne nous a pas non plus enseigné que l’état de nos relations est capital.

On ne nous a rien expliqué de tout cela, ni de ce qu’est la nature de la pensée, de l’individu, de la mort, de l’amour, du plaisir, du temps et des images. On ne nous a appris que la société est le miroir de ce que nous sommes, reflétant ainsi l’état de nos relations chaotiques.

Comme disait Céline « on est entré dans la vie, tout crabe baveux, pattes en moins, à reculons.. »

Mais il est encore temps de prendre les choses en main, de voir ce qui est, et d’agir en conséquence.. Surtout ne demandez pas comment s’il vous plait. Cela reviendrait à accepter un système, un méthode, une autorité, un gourou, bref toute chose mensongère. Car il n’y a pas de méthode, il faut avancer seul(e), c’est une route sans boussole, il suffit d’ouvrir grand les yeux, et de ne pas avoir peur de repartir à zéro et de faire table rase du passé. Courage pour soi tout seul !

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