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La conduite du changement de vie..

Dernière mise à jour : 20 févr.



L’accompagnement individuel et la gestion du stress en milieu professionnel est une activité de conseil fleurissante. Adapter l’individu à l’entreprise à grands coups de méthodes plus uniques les unes que les autres. Faire en sorte qu’il soit plus productif et mieux adapté aux injonctions à être un centre de profit et une entité qui rapporte, un marketeur rompu à lancer des innovations qui n'en sont pas, semble être la profession des consultants qui a le vent en poupe. Mais faire s'adapter un individu à la religion corporate du "tous ensemble pour un monde meilleur" ne fait pas d'une personne un sujet épanoui. A défaut d’avoir une existence propre, on se conforme à un modèle auquel on ne croit pas, pour tenter de donner du sens à une existence qui n’en a plus. On fait tenir l'illusion durant quelques années jusqu’au burnout, puis on décide de changer de vie. Les plus chanceux réalisent qu’ils ont perdu quelques années, passant ainsi à côté de l’éducation des enfants, de la construction d’une vie familiale harmonieuse, le tout au péril de sa santé.


Quant aux autres, l’ambition est telle qu’ils font abstraction de l’essentiel pour ne se consacrer qu’à leur devenir et leur carrière de chef. Ce sont en général des gens égo centrés, conflictuels et avides d'autorité. L'exercice du pouvoir à outrance et la violence des mots et des interactions ne font que susciter la plus grande détresse à tous ceux qui doivent subir leur humeur capricieuse. L’ambition rime souvent avec despotisme, car oeuvrer pour soi-même se fait bien souvent au détriment des autres. On troque la générosité et l’entraide pour un schéma personnel égoïste, pour faire avancer sa carrière, son image.


Et puis une décennie plus tard c’est l’hécatombe. L’édifice est fissuré de partout, le bateau prend l’eau, et ce n’est qu'une question de temps avant que toute la structure ne s'effondre. On se traîne alors dans les simulacres. On a de plus en plus de mal à prétendre que tout va bien, et se lever le matin pour affronter la désillusion relève d'un parcours du combattant. On est à bout de souffle, vidé, usé, vieillit, mesquin. On a trop donné dans les contradictions. Il est grand temps de quitter les lieux, de prendre un bon chèque au passage et de se refaire une santé ailleurs que dans la métropole. On privilégie alors le vert et la reconnexion à la nature, loin du bruit, de la pollution et de l'aberration de la métropole. On entame une reconversion à semer des carottes ou contribuer au développement d’une coopérative équitable de femmes au fin fond du Maroc. La quête de sens motivant la démarche. On a soudain le sentiment d’être passé à côté de la vie. Il y a de l’amertume et de la colère qu’il faudra panser pour retrouver un semblant d’équilibre émotionnel.


La santé et l’épanouissement ne sont pas du fait de l’adaptation professionnel. Vivre une existence épanouie, dans laquelle règne l’ordre et la vertu hors des conflits et des peurs ne peut se résumer au schéma traditionnel de réussite professionnelle. Il nous faut prendre du recul et avoir une vue globale de notre existence. Vivre sainement veut dire faire ce que l’on dit, sans se compromettre.


Pour cela, il est important de comprendre les mécanismes psychologiques en action, identifier les peurs et comprendre le besoin de constamment courir après le pouvoir, l'ambition et la sécurité psychologique. Observer ce qu'est l'ambition, la nature conflictuelle de nos relations et le besoin de dominer par la violence inhérente sont les premiers pas vers l'intelligence.


C’est seulement quand tout est en ordre que l’action juste est possible, que les évidences s’imposent, et que la vie redevient un terrain de jeux où la joie et la bienveillance dictent ce que nous devons faire.

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