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De la certitude et de l'humilité.

Dernière mise à jour : 24 nov. 2021



On aime se projeter dans le temps et on passe ainsi à côté de l’existence. C’est une façon habile de nier la beauté dans chaque instant. On semble ne pas savoir fonctionner autrement que dans de la pensée. On se débat dans les objectifs en tout genre, on invente et on tricote. Se projeter dans quoi que ce soit c’est se dissocier de l’instant, c’est donner naissance à l’illusion du moi et à l’égo. Il ne peut y avoir de beauté et de grandeur dans la projection de l’être. Cela paraît incroyable mais c’est ainsi. Observons-le attentivement..

Être totalement de l’instant c’est avancer sans choisir et sans certitudes, sans l’ombre du "moi je" qui critique, juge, condamne, imagine et justifie.

La certitude est un manque d’humilité, c’est le fléau du monde moderne. C’est ce qui rend les individus laids, lourds, petits et arrogants. La certitude et les convictions sont des moyens habiles de s'affirmer, d’avoir toujours raison, d’être incapable d’entendre autre chose que son bruit intérieur et de faire abstraction de l’autre. Le monde est rempli de ces gens-là, au plus grand désespoir. Regardons-nous honnêtement, on y succombe aussi..

L’HUMILITÉ PERMET LE QUESTIONNEMENT, LE DOUTE ET L’ATTENTION.

C’est un mode vertueux, sans nul doute. Tout ceci n’est pas juste de la verbalisation. Chez l’individu convaincu, il y a ce besoin de réassurance, de certitude et de sécurité psychologique. Vouloir toujours avoir raison est la manifestation de la peur de l’inconnu, et de la vie en général. Mais la vie est l’inconnue. On ne peut être sûr de rien. Et puis la quête de sécurité paralyse. Il n’y a rien à se préparer pour, psychologiquement entendons-nous, car l’instant n’est pas statique ni figé. Tout est en mouvement.

C’est la pensée qui crée la peur, à force de ruminer.

Quand on voit un danger on s’en écarte, naturellement. Ce n'est que quand la pensée intervient que la peur se manifeste. "j’ai faillit mourir.." pensons-nous après coup. L’individu, en cherchant la sécurité, perpétue la peur. Dans son incertitude intérieure, il compense en se rassurant à coups de certitudes et de convictions. Tandis que l’individu humble accepte les choses comme elles viennent, simplement, sans choix et sans fuir.


Il n’y a rien de permanent, c’est un fait. Alors la pensée habile invente dieux, par besoin de sécurité. On a peur de tant de choses, et puis il y a la peur de mourir. On a peur de perdre ce qu’on est, c’est à dire tous nos attachements, nos petits plaisirs : sex, cigarettes, alcool, femme, nom, compte en banque, empire, colonie, etc.. On s’est identifié à tout ce bric à brac. On se voit au travers tout cela. Ça renforce l’égo.


Mourir à ce que l’on est, c’est à dire à notre petitesse et nos conflits, nos croyances et nos plaisirs, c’est se libérer de la peur de mourir, car il n’y a plus rien à perdre, plus rien à renoncer, car on l'a déjà fait.

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