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Que sommes-nous sans nos souvenirs ?


L'individu est un éternel ruminant, telle une vache dans un pré. Il filtre et dénature l'instant en réaction à sa mémoire. Sans ses souvenirs il devient libre du passé. Ne pas donner de continuité au passé ne veut pas dire pour autant que l'on devienne un légume ou amnésique, bien au contraire. Il s'agit de voyager léger, et non pas encombré de tonnes de bagages, surtout pour les petits trajets, qui représentent la quasi-totalité des déplacements.

Avant de répondre à la question des souvenirs, demandons-nous ce que nous sommes ? Puis le rôle qu'ont les souvenirs dans la construction de soi.


L'individu est un éternel ruminant, telle une vache dans un pré. Il filtre et dénature l'instant en réaction à sa mémoire. Sans ses souvenirs il devient libre du passé. Ne pas donner de continuité au passé ne veut pas dire pour autant que l'on devienne un légume ou amnésique, bien au contraire. Il s'agit de voyager léger, et non pas encombré de tonnes de bagages, surtout pour les petits trajets, qui représentent la quasi-totalité des déplacements.


Les souvenirs, en tant qu'images et sensations enregistrées, sont archivés et ne nécessitent en rien de rester comme des dossiers ouverts sur un bureau que l'on consulte en permanence. Ils alourdissent et entravent le bon fonctionnement de la perception. On s'identifie au passé pour oublier son incapacité à opérer les changements qui s'imposent dans le présent. La nostalgie du passé est une forme d'évitement, une fuite en arrière devant le réel.


Notre passé est composé de souvenirs, de blessures, d’images, de plaisirs, de connaissances et de croyances, sans pour autant permettre de comprendre ce qui forme un tout unifié. On passe la plus grande partie de sa vie à accumuler des instants. La mémoire appartient au passé. Les habitudes et les traditions sont du passé. Elles agissent comme des autorités qui conditionnent le présent.


Le présent est le passé modifié se projetant dans l’avenir. Le temps non pas chronologique mais psychologique d’hier et de demain est l’ennemi de l’homme. Il n’y a pas de temps, psychologiquement, ni de distance nous séparant de la réalité. Il n’y a que l’omniprésence de ce qui est, sans choix. Le temps est la pensée en réaction à la mémoire. Le temps n’est donc pas de l’instant.


On s’est créé des quotidiens répondant aux diktats de l’horloge chronologique, séquencés par des besoins d’accomplissements. On est des prisonniers du devoir, des attachements, toute liberté absente. Les souvenirs contribuent à rendre tout cela possible. Il y a aussi des moments joyeux, c’est entendu, mais l’identification au passé quel qu’il soit a tendance à rendre l’individu nostalgique.


Il ne s’agit pas d’être amnésique au passé, mais de ne pas laisser les souvenirs influencer la perception directe des choses. Car ni la pensée, ni la logique et la raison ne permettent de percevoir clairement la réalité de ce que nous sommes, et la vérité nous échappe.

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