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Que partageons-nous au juste ?

Dernière mise à jour : 4 déc. 2021



Rétrospectivement, quand nous avons sorti le catamaran de l’eau après avoir été percuté sur la jupe arrière, le technicien présent pour faire les manoeuvres de grutage avait eu une drôle de remarque. Il nous avait dit d’un air sérieux que si nous avions prié ce matin-là, tout ceci n'aurait jamais eu lieu. C’était pathétique, c’était son conditionnement.


Nous avons été élevés à croire en toutes sortes d'abstractions. Cependant l’être conditionné ne connaîtra jamais la vérité. Pour savoir il faut d’abord abandonner toutes croyances.

On est en quête de schémas et de méthodes pour résoudre nos problèmes existentiels, et pour trouver quelque chose qui nous transcende et qui soit permanent. Cependant nous ne savons rien à ce sujet, mais nous espérons. Nous supposons et nous acceptons comme vérité une chose dont nous ne connaissons absolument rien. C’est juste un échappatoire qui engendre conflits et querelles. Comment peut-on découvrir ce qui est neuf quand nous vivons dans la confusion et la fragmentation ?


La vérité qui se trouve dans le fait de ce qui est n’est pas une opinion ni une croyance. Pour découvrir ce qui est vrai, l’esprit doit être totalement vidé de toute conclusion, certitude, idée, conviction et croyance. Comment pouvons-nous partager quelque chose dont nous ne connaissons absolument rien ?


CE QUE NOUS PARTAGEONS C'EST LA CONFUSION ET LE DÉSORDRE DE NOS VIES CONDITIONNÉES, C’EST TOUT !

Toute méthode ou système de pensée est par nature mécanique. Par conséquent une vie régie par une quelconque croyance devient terne et répétitive. Nous devons écarter l’idée de se conformer à toute action issue d’un schéma répétitif et mécanique. Nous vivons des vies fragmentées et nous agissons différemment au bureau et chez soi. Nous avons des pensées propres à la vie privée, et d’autres dans la vie publique. Ceci engendre contradictions et fragmentations.


La pensée peut-elle relier les différents fragments pour constituer un tout unifié, harmonieux et sans conflits, dans laquelle notre manière de vivre ait un sens ? Cette question est importante car si nous souhaitons un monde sans laideur ni violence nous nous devons de pouvoir y répondre.

Tout d’abord il y a le savoir, issu de la connaissance : il est nécessaire pour aller sur la lune par exemple, (bien que nous nous demandons bien pourquoi dépenser autant d’énergie pour cela..) mais néfaste quand il s’agit de découvrir un mode de vie harmonieux, car il est issu du passé. La connaissance est le passé, et vivre en fonction du passé est contradictoire, car le passé entre en conflit avec le présent. Le savoir est à double tranchant : d’un côté il est nécessaire dans le domaine technique, et de l’autre un problème d’ordre psychologique.


Tout ce que nous entreprenons est le résultat d’un raisonnement et d’une action mécanique en lien avec le passé : schéma, croyance, tradition etc.. La pensée est une réaction de la mémoire, de l’expérience et du savoir. Sans mémoire ni expérience ni savoir, pas de pensée : l’amnésie.

La mémoire est conditionnée par la culture, l’éducation et la propagande religieuse dans laquelle nous nous sommes fait piéger. Nous avons besoin de la mémoire pour conduire un véhicule et rentrer chez nous. La pensée étant conditionnée, elle ne peut en aucun cas découvrir comment vivre harmonieusement. Et pourtant nous attendons qu’elle le fasse. Nous avons besoin de la pensée à un certain niveau, mais elle nous empêche de voir comment vivre sans conflits. Et que se passe-t-il quand nous voyons cela ? Quelle est la qualité de l’esprit qui comprend cela ?


Percevoir directement le fait de quelque chose est très difficile car nous sommes remplis d’expériences de seconde main. Nous avons peur de percevoir directement ce qui est indiscutable, car cela implique d'abandonner notre mode de vie et la quête incessante de plaisirs.


NOUS AVONS ATENDANCE À FUIR DANS LES MOTS ET LES EXPLICATIONS.

Nous connaissons la souffrance physique et mentale. Nous l’expliquons selon notre propre conditionnement. L’indou parle de karma, le chrétien ramène tout à Jésus christ etc.. Nous avons tendance à fuir la souffrance et la douleur, plutôt que de l’observer de près. La souffrance est une énergie immense. Sans la description ni l’identification à la souffrance, sans fuir et sans le moi qui dit "je souffre", la souffrance devient une énergie passionnée. Cette dernière génère la passion.


La souffrance peut donc prendre fin si nous ne la fuyons pas. La passion n’est autre que la compassion, et la compassion veut dire la passion pour tous. Seul l’esprit passionné peut découvrir comment vivre harmonieusement.


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