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Qu’est-ce que la spiritualité ?


Ce que nous appelons esprit n’est autre que son contenu, c’est à dire les connaissances, les expériences, l'éducation, les souvenirs, les peurs, les plaisirs, les désirs, les traumatismes, les sensations, l'égoïsme, la violence etc. Ce contenu est aussi issu de la pensée traditionnelle, qui est une réaction de la mémoire. Ainsi l’esprit est issu de l’accumulation dans le temps. L’esprit est le passé.


La spiritualité n’existe qu’au travers la connaissance de soi. La plupart d’entre nous sont ignorants de ce que nous sommes. Nous fonctionnons depuis les habitudes et la routine, mécaniquement, dans l’accumulation d'expériences et de souvenirs.

La spiritualité est un état créatif qui ne se conforme à aucun dogmes ni idéologies. Cela conduit inévitablement au conformisme, à l'infantilisme et au mimétisme de la conscience spirituelle. Cette conscience est un état permanent de créativité motivé par un profond mécontentement. Il ne faut pas confondre le don de s’exprimer et l’état créatif. Il en est de mème pour la spiritualité, il n’y a pas ni quête ni devenir, mais un mouvement perpétuel dans lequel la pensée est absente. L’esprit n’est plus centré sur ses expériences, ses ambitions et ses plaisirs issues du passé. Il est neuf chaque instant et non pollué par le conditionnement du passé.


L'esprit religieux est radicalement différent de l'esprit de croyance à une religion. Il est psychologiquement affranchi de toute forme de croyance. Or l'homme, au fil de ses croyances, a créé un concept auquel il a donné le nom de Dieu. La croyance en ce concept lui est devenue nécessaire face au constat que la vie est faite de souffrances, de luttes, de conflits, de tourments, avec une étincelle occasionnelle de lumière, de beauté et de joie. L'important n'est donc pas de cultiver la croyance ou le refus de croire, mais de comprendre le mécanisme de l'esprit. Ce dernier est une projection de la pensée, qui trouve sa source dans le temps. Tout ce qu'elle projette est forcément issu du passé et ne peut donc rien concevoir de nouveau ni de sacré. La pensée ne peut donc pas se transcender elle-même.

Pour découvrir ce qui est au-delà du temps, il faut que cesse toute pensée.

Ceci est très difficile car l'abolition de la pensée ne s'obtient ni par la discipline, ni par la maîtrise, ni par le déni ou le refoulement. La pensée ne prend fin que lorsque nous en comprenons tout le processus. Pour cela il faut se connaître soi-même, et la pensée est l’ego.


Les êtres humains ont soif de vénération. Nous avons tous le désir de découvrir ce qu’est le sacré. Ainsi nous fréquentons des temples, des mosquées ou des églises, et nous vénérons des symboles, des images et des idées. Nous voulons être arrachés à notre condition pour accéder à quelque chose de plus grand, plus vaste, plus profond, plus permanent. Mais peut-on vraiment penser à Dieu, le concevoir ? Peut-on être convaincu de son existence par la lecture de témoignages ? Comment pouvons-nous penser à quelque chose que nous ne connaissons pas ? Peut-être avons-nous lu la Bible ou d'autres textes dans lesquels des auteurs érudits ont très habilement décrit Dieu, affirmant ceci ou réfutant cela. Pourtant, tant que nous ne connaîtrons pas le processus de notre propre pensée, la notion que nous avons de Dieu risque fort d'être puérile et superficielle.


Comment donc pourrions-nous savoir si ce que nous pensons est vrai ?

Notre réflexion sur Dieu n'est donc que perte de temps et spéculation sans valeur. Elle se manifeste dans la quête de distraction issus de rituels, de déguisement et d'images lors de cérémonies scénaristes dans les lieux de culte. Lorsque nous demandonsce qu'est dieu, nous avons déjà formulé notre propre pensée, n'est-ce pas ? La pensée peut créer Dieu, puis faire l'expérience de ce qu'elle a créé. Mais ce n'est certainement pas une expérience vraie. La pensée fait alors simplement l'expérience de sa propre projection, qui n'est donc pas réelle.


Mais si nous savons voir combien tout cela est vrai, alors peut-être ferons-nous l'expérience de quelque chose de bien plus grand qu'une simple projection de la pensé. On ne peut ni parler de Dieu, ni le décrire, ni le mettre en mots, car il doit à jamais rester inconnu.

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