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Qu'est-ce que la liberté ?



En ces temps de grandes tractations, la question semble prendre tout son sens. Le sujet est complexe car cette notion est galvaudée, tout comme le mot amour. Il n’a plus de sens réel tant il est dénaturé, chargé d’images et d’idéalisation. Mais qu’entendons-nous exactement par « liberté » ? Nous parlons en général de la possibilité de faire ce qu’il nous plait, de la liberté individuelle.


Ainsi, il y a la liberté d’expression, pouvoir dire ce que l’on pense sans se voir censuré. Il y a la liberté de choisir un dentifrice plutôt qu’un autre et la liberté de manifester sa sexualité en publique sans pudeur. Il y a la liberté de voter pour un parti politique et d’adhérer librement à une religion organisée. Il y a la liberté de mouvement et la possibilité de se déplacer librement dans un pays étranger (bien que depuis deux ans cela soit remis en cause via un pass plutôt politique que sanitaire..). Il y a la liberté de choisir sa femme ou son mari etc…

On pense que là ou il y a le choix il y a la liberté n’est-ce pas ? Mais pouvoir choisir entre le mondialisme ou le nationalisme confère-t-il la liberté, ou entre une pomme rouge et une verte ? Si l’on est lucide et que notre perception est claire, non conditionnée, alors il n’y a pas de choix. Ce n’est que l’esprit confus qui choisit.


On a tendance à penser à tort qu'on décide de notre existence, délibérément, par choix et par volonté. Jean-Paul Sartre et tout le mouvement existentialiste est fondé sur cela : choisir, le libre arbitre, ne pas choisir est un choix etc... Balivernes !!! Que nous aimons déléguer la réflexion aux soit disant « grands hommes ». Ces figures d’autorité sauront bien mieux que nous n’est-ce pas ? Surtout ne pas se faire confiance, ne pas observer par soi-même. Ce courant de pensée a engendré tant de conflits psychologiques, de toute évidence..

Mais qu’est-ce que le choix, choisir, avoir le choix, et pourquoi devrions-nous choisir ?


La question peut paraître simpliste mais elle ne l’est pas, bien au contraire. Est-ce culturel ? Est-ce une idée, que la vie est un processus de sélection, entre le vrai du faux, entre le bon et le mauvais, entre le bien et le mal ? Choisir entre ceci plutôt que cela. Encore un héritage judéo-chrétien. Observons quand ce processus de choix opère.


Choisissons-nous telle route plutôt que telle autre quand nous savons exactement où nous voulons allez, et que cette route précisément nous y conduit ? Ben non ! C’est seulement quand nous ne savons pas où aller, ou bien quand nous sommes incertains que le choix se pose. Mais quand nous sommes clairs sur le cap alors y a-t-il vraiment un choix à faire ? Là où il y a confusion, il y a le besoin de choisir. Et quand nous sommes très clairs alors il n’y a pas à choisir. C’est assez simple n’est-ce pas ?


Donc le choix nait de l’incertitude et de la confusion. Ainsi par exemple, nous mangeons ce que nous aimons car notre palais nous l’indique. Si nous aimons le chocolat nous en mangeons, et si nous n’aimons pas le café nous n’en buvons pas. Nul besoin de choisir là encore. Donc de l’incertitude nait le choix qui en retour donne une direction, et pour la suivre il nous faut écarter toutes les autres formes d’influence.


Nous avons accepté le choix car il donne naissance au moi, à l’égo, à la pensée, au plaisir.. et cela a engendré la confusion et l’incertitude, car dès l’instant ou l’on choisit, s’installe le doute : était-ce le bon choix ?


Mais pourquoi sommes-nous confus ? Nous nous posons tant de questions sur la bonne marche à suivre, entre ceci ou cela : l’orientation professionnelle, le bon régime alimentaire, le bon parti politique. Intérieurement nous ne faisons confiance à personne, pas même à nos propres idées, elles-mêmes issues de la confusion. Alors nous sommes confus. Mais sommes-nous conscients de cette confusion ? Nous pouvons être calés sur certaines choses et confus sur d’autres. Nous pouvons aussi être dans un état de totale confusion. La confusion nait de l’incertitude. Nous sommes confus car nous avons été conditionné par la culture, l’éducation, nos parents, conditionnés à nous conformer, à être comme ceci, ambitieux, à nous battre, à être violent. Parallèlement nous voyons bien ce que tout cela a engendré dans la société : des guerres, la destruction de la nature, la violence etc... Notre culture a presque tout détruit. Et l’esprit rejette tout cela, mais ne sait pas quoi faire. Il y a contradiction alors nous sommes confus.


Ainsi, nous avons réduit la liberté au seul fait de pouvoir choisir. La liberté ne débute-t-elle pas d’abord intérieurement pour ensuite se manifester intelligemment extérieurement ? Peut-on parler de liberté là où règne la confusion, les contradictions et les innombrables conflits relationnels, professionnels, personnels etc.. Ne doit-on pas commencer par se libérer du désordre, des tensions et des divisions. Ne doit-on pas d’abord se libérer de l’angoisse, des peurs, des traumatismes, du désespoir et des souffrances ? Voyons-nous ce que la question de liberté implique ?


Mais l’énergie vitale semble faire défaut. Les innombrables problèmes que nous engendrons

nous sapent de toute énergie pour percevoir et agir justement. Alors nous optons pour les remèdes miracles. On nous a élevé à idolâtrer les chefs, les gourous, les prêtres et toute la smala des autorités en tout genre : psy, médecins, spécialistes, scientifiques, médias, politiciens, chercheurs... Des autorités bien souvent arrogantes qui confondent l’arbre et la forêt. Leur regard microscopique centré sur leur petit savoir rend leur discipline limitée et sans grande envergure. Voire mème souvent néfaste. On se raconte ainsi que l’intelligence est l’accumulation de connaissances, le statut social et la réussite. Mais on oublie d’évoquer que ces individus sont souvent des faillites dans tous les aspects de la vie. Leur réussite est bien souvent le fruit de l’ambition, l’égoïsme et l’intérêt : aucune générosité, bienveillance ni empathie pour qui que ce soit. Courage pour soi tout seul. Ils ne font qu’ajouter du désordre au désordre.


Nous avons accepté de vivre dans des schémas, installés dans la routine du quotidien sans rien questionner, naturellement, comme de bons petits soldats.


La liberté est le fait d’une existence ordonnée, saine et passionnée, et non dans des notions romantiques idéalisées. Elle se manifeste chez l’individu qui est libre du passé, des idéologies et des accumulations.

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