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On est ce que l'on pense.

Dernière mise à jour : 19 févr.



On vient de faire la rencontre d’un artisan singulier. Il est venu à bord du bateau pour réparer un équipement défecteux. Il vit en Martinique et il a construit son bateau seul. Il est jovial et cultive l’art de la dérision. Ses yeux pétillent et il parle d’amour avec détachement, sans la possessivité, c’est rare ! Il travaille avec passion et aime aller jusqu’au bout des défis, trouver la solution, user d’ingéniosité et faire preuve de créativité. Il aime faire ce qu’il fait et ne compte pas son temps. Il est de nature généreuse. Il aime aussi la vie et ne rentrerait en métropole pour rien au monde. Sa vie nomade et légère, simple et connectée à tout ce qui l’entoure font de lui un individu éclairé, sensible et intelligent dans le vrai sens du terme.


Il s’est transformé au fil du temps pour rayonner et irradier son environnement. il est le reflet de ce qu’il pense.

On a tendance à se dissocier de ce que l’on est, à penser en terme d'avenir. Au bureau, on cherche à devenir le directeur, à grimper dans la hiérarchie, à gagner du statut, de l’autorité sur les autres etc.. On pense un jour devenir plus riche, plus parfait, moins violent, en paix avec soi-même. Cela naît du conditionnement de la culture, des habitudes, des traditions et de l’éducation. Le fait est qu’on est violent. On peut l’expliquer, c’est relativement simple. La culture que nous créons et dans laquelle nous vivons en est grandement responsable.


Comment observons-nous ce fait ? On est en colère, jaloux, envieux, brutal. Y a-t-il un observateur entrain d’observer la violence ? L’observons-nous en nous dissociant du fait ? Si oui cela implique qu’on est distinct de la chose observée : méthode des psychanalystes et de leur business d’identification, qui implique de la progression dans le temps.


Ou bien voyons-nous la colère, la jalousie, la violence comme partie intégrante de l’observateur, ne faisant qu’un, sans division ? Si l’on voit l’unité alors le conflit cesse immédiatement. Le conflit existe tant qu’il y a une division : chrétien, juif, musulman ou nationaliste. Tant que la division existe il y a naturellement un conflit. Cette division existe aussi intérieurement : le moi et son activité professionnelle, le moi qui veut devenir quelque-chose. L’esprit divisé, fragmenté est sujet au conflit. Ce dernier n’est jamais libre, son esprit est faussé..


LA MÉDITATION CONSISTE À DÉCOUVRIR UNE MANIÈRE DE VIVRE DANS LAQUELLE LE CONFLIT N'EST PLUS.

Il ne s’agit pas de fuir ni de chercher des expériences mystiques, mais de mettre à jour, au quotidien, une façon de vivre exempte de tout conflit. Cela n’est possible que quand on comprend la division interne et les contradictions. Tant qu’existe la division, tant qu'on cherche à devenir plus ceci ou moins cela, devenir meilleur, être quelqu’un de noble, cela implique un conflit qui empêche de voir ce qui relève du fait.


L’esprit conditionné par le passé et par la culture peut-il changer lorsqu’il voit globalement la fausseté des idéologies, de la soumission et de l’obéissance ?

On obéit dans le but de réussir. Obéir implique une soumission à une autorité de référence n’est-ce pas ? Un esprit hanté par l’autorité ne peut jamais être libre et vivre sans effort. Cela s’applique bien entendu à l’autorité parentale, qui est violente par nature. Mais comment faire pour vivre comme on est, sans efforts ni conflits ? On ne se pose pas la question car notre vie n’est que lutte depuis toujours. On nous enseigne à nous battre depuis tout petit : dans le sport, dans les études, au boulot etc.. Mais dès qu’il y a un effort il y a distorsion, comme pour une machine qui chauffe et qui perd de sa performance.


Mais tout ce que l’on connait c’est l’effort, la soumission, le refoulement et la résistance. Or, on cherche à savoir si l’esprit piégé dans ce système peut cesser d’être dans l’effort permanent. L’effort naît de la contradiction et de la dualité : être ceci et vouloir être cela vous savez ?.. désirs et idées contradictoires. La plupart des individus sont d’abominables êtres capables de la pire brutalité. Alors la pensée invente l’idée de la non-violence. Il y a donc une contradiction entre le fait et l’idée n’est-ce pas ? Le fait est qu’on est violent, et l’idéal est la non-violence. Ne sachant pas comprendre la violence on invente le non-fait de la non-violence. Et c'est ainsi que nous fuyons.


MAIS CELUI QUI VEUT CHANGER DOIT OBSERVER CE QUI EST ET NON CE QUI DEVRAIT ÊTRE.

Le fait d’avoir des idéologies et des certitudes est l’une des raisons qui fait que nous n’avons pas d’énergie vitale, pas de flamme intérieure, parce que l’on vit dans l’abstraction floue des concepts et de la pensée. En laissant de côté le futur on peut s’occuper de ce qui est, et non pas imaginer ce qui devrait être. Ce qui devrait être devient l’autorité, et l’esprit libéré de cette autorité est libre de toute supposition, libre d’observer. On en oublie alors le présent, la seule vérité qui vaille.


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