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Le temps est l'ennemi de l'homme.

Dernière mise à jour : 20 févr.



Les jours coulent imperceptiblement. On n’accepte de moins en moins les contraintes, naturellement. Le temps est l’ennemi de l’homme. Devoir partir est vécu comme une violence. On voudrait ne plus jamais avoir à bouger d’un point à un autre, car le déplacement est l’action du temps. L’immobilité en toute chose semble le remède : le renoncement, le vol stationnaire et la fin du devenir.


Tendre vers quoi que ce soit psychologiquement est un effort vécu comme une forme de contradiction, un conflit. A quoi bon chercher à devenir ce que l’on n’est pas, alors qu’on peut découvrir ce que l’on est, sans bouger, et sans aucun effort ?

Il n’y a pas de temps, psychologiquement, pas de distance nous séparant de la réalité. Il n’y a que l’omniprésence de ce qui est maintenant, sans choix. Le temps est la pensée. La pensée est la réaction de la mémoire, et le temps n’est pas de l’instant..


Mais que sommes-nous fondamentalement ? Rien, sinon une énergie, du silence et de la vitalité, sans commencement ni fin, échappant au temps. L’éternité doit exister, hors du champ de la pensée et hors du temps. Nous nous sommes créés des quotidiens répondant aux dictas de l’horloge chronologique, séquencés par les besoins d’accomplissement, et prisonniers du devoir, des attachements, toute liberté absente. Nous sommes des fourmis sans cesse accumulant, en mouvement perpétuel. Arrêterons. Full stop. Joyeux. Accomplis dès le premier instant, la ligne d’arrivée et de départ se confondant. Ne chercherons plus le bonheur...


Du haut de ces rêveries, mi-éveillé, se dessinent les contours d’une nouvelle façon d’exister, plus légère, clairvoyante, juste. On troque le costume de saltimbanque pour le sari blanc et les pieds nus. Qui peut dire où le chemin nous emmène ? A quoi bon savoir ?

Il y a une différence fondamentale entre celui qui considère que dieux l’habite et celui qui s’est libéré du temps et de la pensée, invitant ainsi le silence intérieur et l’énergie cosmique. Dans le premier cas c’est se considérer dieux soi-même, manifestant ainsi la plus haute forme d’égocentrisme. Dans l’autre cas c’est incarner l’absence d’égo et l’humilité, accepter de n’être rien, et manifester la plus haute forme d’intelligence. L’un relevant du charlatanisme, l’autre de l’être éveillé.


Le ciel est bleu, le vent siffle des aigus et fait tanguer le bateau. L’air tiède réconforte gentiment, l’esprit tranquille. Le repos s’impose. Allongé, immobile, la réconciliation est déjà là.

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