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Le sport est une activité de la pensée.

Dernière mise à jour : 13 mai




Observer comme écouter nécessite une qualité d’attention dans laquelle la pensée s’arrête de courir, sans objectifs. Or nous ne fonctionnons qu’au travers des challenges et des défis.

Le sport en est un bon exemple.. Dans cet activité nous nous fixons des buts afin de nous dépasser... Nous avons une certaine image de ce que nous aimerions accomplir et devenir.. Alors il nous faut travailler sur nous-mème, pour devenir ce que l’on est pas.. tendre vers autre chose, ailleurs.. De cette distance née la contradiction.


Puis il y a les efforts physiques, la douleur et la violence. Le sport engendre aussi la déception, le jugement de soi et les blessures psychologiques : celles d’avoir échoué ou de ne pas être à la hauteur..

Difficile de parler de sport sans parler de compétition, du besoin de se mesurer, de se comparer, de vaincre son adversaire.. Cela relève d’avantage du combattant, de la victoire et de la défaite.. et de l’approche guerrière. Car vouloir écraser son ennemi entraine naturellement de la violence.


Le véritable ennemi c’est nous-mêmes, notre égo.. Voici donc l’origine des guerres, incarnée dans les soit-disant valeurs du sport..

Puis on en fait une religion que l’on souhaite inculquer à nos enfants.. La doctrine du sport est une activité qui nous évite de penser, de voir l’état actuel de notre vie... Et pendant qu’on fait la guerre, les conflits intérieurs demeurent.. Nous trouvons du plaisir et de la satisfaction dans la souffrance et la violence que l’on s’inflige. Le dépassement entraine des efforts, de la douleur physique et psychologique.. car pour ne pas lâcher et tenir la distance, on force, on s’efforce.. Le jugement de soi et la culpabilité justifient toutes les souffrances.. C’est pour la bonne cause disons-nous, ça entretien le corps, la santé.. C’est plutôt du masochisme déguisée n’est-ce pas ?.. n’ayons pas peur des mots...


Il y a aussi une forme de narcissisme à travailler sur soi, se paufiner, sculpter son corps, se regarder au travers des images, se trouver beau, désirable et virile..

Il y a de la starification dans tout ça, à se regarder comme dans un miroir.. Le sport est avant tout une activité de la pensée, de l’égo. Nous avons beaucoup d’amis sportifs pour qui nous avons le plus grand respect aussi, nous ne souhaitons blesser personne au travers ces propos.. juste observer les faits, c’est tout.


Un corps en bonne santé ne fait pas un être en bonne santé, loin de là..

Nous avons tendance à privilégier la santé du corps, ne sachant comment entretenir celle de l’esprit.. Aller à l’église n’a rien à voir avec l’esprit, c’est le domaine de la distraction.. Cependant il est nécessaire d’avoir la santé de l’esprit pour avoir la santé du corps (les deux sont indissociables), avec un certain état d’ordre dans sa vie.. Sans cela le corps se dérègle à la longue.


Malgré les activités sportives on en vient à développer toutes sortes de symptômes, de maladies, par le stress, l’anxiété et par notre mode de vie.

Le sport ne peut créer l’équilibre global à lui seul.. Mais il est possible d’entretenir la santé du corps naturellement, sans violence, sans conflits, et sans compétition.. Cela s’appelle vivre, se déplacer en marchant, cultiver son jardin, jouer avec ses enfants, bricoler, faire de la voile, nager, surfer, golfer sans compter le score, par plaisir du geste, de la balade... Dès lors que l’on est dans autre chose que la mesure et la compétition.. sans la violence, sans les objectifs.. harmonieusement, holistiquement pour ainsi dire.


Avons-nous jamais considéré cette approche ?


L’activité incessante de fourmis dans notre vie est la conséquence d’actions sans fin et du manque d’attention.

Nous négligeons l’essentiel : la perception de ce qui nous constitue. En comprenant toute la structure psychologique de l’activité, du sport, de la douleur et de la violence, il est possible de mettre la maison en ordre, de régler ses problèmes, et non pas de les déplacer.. de consacrer le juste temps nécessaire aux différents aspects de notre vie, sans exagération, sans déséquilibre, sans violence ni souffrance, et avec justesse et précision.


Percevoir c’est d’abord observer attentivement, puis agir ensuite. L’action n’est plus de même nature.

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