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La vérité existe-t-elle ?

Dernière mise à jour : 20 nov. 2021



Tout d'abord qu'est-ce qu'un fait ?


Contrairement à l'idée qui est une abstraction, le fait est indiscutable. Et cela en fait une vérité. Le soleil est un fait, le conditionnement de l'individu en est un autre. Et la question posée est la suivante, comment ne pas faire d'une vérité une idée, une abstraction. Voyez-vous ?


Comment observe-t-on quoi que ce soit ? En général, l'individu fonctionne depuis la pensée traditionnelle, qui est une réaction de la mémoire. Le contenu de cette dernière est le passé : connaissances, expériences, souvenirs, certitudes, idéologies, culture, éducation, traditions, peurs, plaisirs, sensations, traumatismes etc.. La pensée est donc conditionnée par toutes ses accumulations. Et ces accumulations conditionnent. Le passé conditionne.


Ainsi, nous évaluons, jugeons, critiquons et déformons les faits en fonction de notre conditionnement, à travers la pensée.

Cette dernière agit comme une multitude de couches successives, de filtres déformant en fonction de nos besoins. Car pour coller aux images, l'égo s'identifie et se renforce en faisant d'une vérité sa vérité, c'est à dire une ènième abstraction. La fonction de l'égo est de tout ramener à elle en interprétant, donnant ainsi dans l'arbitraire.


La question qui se pose désormais est la suivante : Est-il possible d'observer un fait sans le mouvement de la pensée, sans déformations ?

Avons-nous jamais observé un coucher de soleil dans la béatitude, sans l'ombre du moi qui veut en faire un souvenir, une image, une idée ? Quand nous sommes totalement attentif à quelque chose que se passe-t-il ?


Et bien le moi disparait. Ce n'est que quand on dit "oh qu'il est beau ce coucher de soleil..", en décrivant ainsi avec des mots (qui sont des images), on en fait une chose du passé, un souvenir. Que s'est-il passé ? La pensée s'en est saisie. Un autre exemple : disons que je m'apprête à traverser sur le passage piéton quand soudain une voiture surgit à toute allure, menaçant de m'écraser. Que se passe-t-il à l'instant mème ? Je m'en écarte. A ce moment précis il n'y a que le fait de l'évitement, sans la réaction du moi. Ce n'est qu'ensuite que la pensée réagit et dit "ouah, j'ai failli mourir.." Ainsi l'instant se transforme en image, en souvenir et la peur fait surface.


Nous observons donc que la peur est aussi une réaction de la mémoire, du passé et de la pensée.

Nous pouvons donc dire ceci : qu'en l'absence du "moi", du "je" et donc de l'égo, il est possible de percevoir un fait indiscutable sans le déformer, sans faire intervenir la pensée, et ce : par attention. L'attention est de l'instant alors que la pensée traditionnelle est du passé. L'attention n'est pas différente de la chose observée. L'attention totale est la chose observée. Ce n'est que quand la pensée s'en saisie qu'elle donne naissance au moi, en créant un observateur et un observé. L'observateur est l'arbitraire. L'observateur incarne le conditionnement et la déformation de ce qui est. La vérité échappe à l'égo, au jugement et à la déformation. Elle est de l'instant présent, dans l'attention totale.

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