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La quête personnelle et le couple.


L’égoïsme conduit l’individu à accepter une vie conflictuelle sans beauté ni amour. Et plus le désordre est flagrant moins la communication existe. On évite alors de parler de l’essentiel et de ce qui fâche. On prétend à la normalité. On pourrait régler les problèmes en approfondissant le sujet ensemble, mais non.

La vie à bord d’un bateau est singulière. Il faut beaucoup d’attention à l’autre pour que chacun puisse y vivre sereinement. De par l’espace réduit, on découvre vite que tout le monde doit œuvrer pour le groupe et non individuellement. Le manque d’espace impose une rigueur liée au bruit et à l’espace vital de chacun. C’est par générosité que l’harmonie peut exister. Être totalement attentif aux autres implique de vivre de façon désintéressée. Faute de quoi le chaos peut vite régner dans le couple.


Ce dernier est souvent au centre de toutes les contradictions. C’est l’ambition, fruit de l’éducation et de la culture dans laquelle on vit qui conduit les individus à hypothéquer le présent pour un avenir improbable. Le quotidien du couple et la vie familiale en font immédiatement les frais bien souvent. Alors on se réfugie dans le boulot ou le sport. On rentre à la maison de plus en plus tard. On fuit la réalité du désenchantement. On se trouve alors des excuses pour éviter de voir qu’il n’y a plus d’amour réel dans le couple, cette institution. On ne vit plus que dans les devoirs et les obligations. La saveur et la légèreté du début s’en sont allées, avec la joie et la complicité. On n’a pas été vigilant voilà tout !


On reste ensuite ensemble par commodité, par obligation, pour les enfants et pour ne pas être seul. On est tenu par les revenus, les crédits l’aspect financier. On entretient l’image du couple modèle mais l’hypocrisie est au fond de l’air. En attendant on œuvre pour sa petite carrière et on accumule de l'argent. On justifie tout ce désordre en se racontant que c’est partout pareil, qu’il y a naturellement des hauts et des bas dans tous les couples etc. On observe les autres et on se rassure en cherchant les mêmes problèmes chez ses amis et ses voisins. On se nivelle dans la médiocrité. On invente des justifications pour pouvoir continuer de s’exploiter mutuellement, promesse du contrat de mariage. Et ce sont les enfants qui sont sacrifiés. Ils savent bien ce qu’il se passe, eux. Alors ils souffrent en silence, sous le poids des non-dits.


Mais que s’est-il passé ? Ils avaient l’air si heureux sur la photo de mariage ? On aurait dit le prince charmant et la princesse, un vrai conte fée…


L’égoïsme conduit l’individu à accepter une vie conflictuelle sans beauté ni amour. Et plus le désordre est flagrant moins la communication existe. On évite alors de parler de l’essentiel et de ce qui fâche. On prétend à la normalité. On pourrait régler les problèmes en approfondissant le sujet ensemble, mais non. Les intérêts personnels prennent le dessus. On se rend compte qu’on s’est bien fait piéger dans le schéma traditionnel, en voulant copier ses parents. On tente pourtant de faire tenir la mascarade dans les images qu’on ne cesse de peaufiner pour faire illusion devant les autres. On se soucie beaucoup du regard des autres. Mais personne n’est dupe. On se refuse à l’évidence et on nie l’échec total de notre mode de vie superficiel.


On se trouve alors ligoté, menotté, bâillonné. On a accumulé tant de blessures verbales en sa mémoire au fil des années qu’on se sent incapable de faire les moindres compromis. Chacun campe alors sur sa position, ses certitudes, son quant à soi, son petit point de vue. Un point c’est tout ! On sait bien au fond que tout est déjà mort. Ce n’est qu’une question de temps. Il suffit pourtant d’un peu d’honnêteté pour constater les faits. On se doit d’accepter que la grandeur d’esprit qu’on s’est attribué ne reflète en rien ce que l’on est devenu : petit et mesquin. Ce serait pourtant salutaire.


Mais cela implique une prise de conscience et un changement de comportement. C’est assez simple à comprendre n’est-ce pas ? Voir le danger d’une existence hypocrite implique de changer profondément ses habitudes. Cela nécessite un esprit sain, honnête et passionné par la quête de vérité. Cela nécessite une attitude désintéressée, qui ne recherche pas la sécurité psychologique à tout prix.


C’est la pensée qui alimente le plaisir du pouvoir, du statut, et la peur de le perdre. Mais que se passe-t-il quand on voit ce que produit l’ambition ? On abandonne la course et la quête personnelle.

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