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De la boulimie et de l’anorexie.



Quand on évoque ces sujets, en général, on a bien trop souvent tendance à parler des symptômes et du manque d’équilibre alimentaire, plutôt de la source des conflits, car on peine à comprendre l’aspect psychologique sous jacent..

La boulimie tout comme l’anorexie sont issus d’un dérèglement psychologique lié à l’image que l’on a de soi, ainsi qu’au jugement et la culpabilité induites.. L’obsession de perdre du poids et l’incontrôlable prise de poids sont similaires par nature.


En ce qui concerne la boulimie, son origine se trouve dans la peur et l’insécurité, qui en retour engendre une incessante quête de sécurité.

Cela se traduit par un insatiable besoin d’accumuler, de stocker, tel un ôgre.. par peur de manquer. Ensuite vient la fuite en avant, l’ingestion en quantité astronomique de nourriture pour se noyer dans le plaisir des sensations, et de l’anesthésie générale. Ainsi on ne sent plus le vide existentiel de la peur, on est totalement submergé par les sensations qui occupent tout l’espace vital. La nature de la peur peut prendre diverses formes : peur d’être abandonné, licencié, de tomber malade, de mourir, d’être sans argent, de souffrir à nouveau, psychologiquement ou physiquement etc… peu importe.

L’anorexie en revanche trouve sa source dans une image dégradée de soi.

On cherche à perdre du poids et on se refuse d’accepter ce que l’on est physiquement, alors on modifie son corps, en niant la nécessité de s’alimenter proprement. Ce besoin de se travestir est souvent le fruit d’un traumatisme, d’une douleur enregistrée et non adressée. On peut avoir subi des violences physiques ou morales et on se met à se trouver laid, coupable, on se juge sévèrement. La nourriture devient alors un moyen d’affamer le corps, de lui faire violence, de le contraindre à rentrer dans une boite bien trop petite. C’est une démarche « sadique » si l’on peut parler ainsi. On se sent coupable et on se fait violence. C’est donc l’image que l’on a de soi qui est dégradée.


On se juge quand on se compare et que l'on tente de se conformer à un modèle, une idéologie, une tradition ou toute forme d'autorité etc..

Le jugement est basé sur la moralité, qui est profondément immorale. Ainsi nous portons le poids d'une culpabilité sans fondement, comme un fardeau, pour avoir le droit d'exister illégitimement dans un monde profondément malade.


On craint l’opinion publique, on craint de ne pas réussir, de ne pas se réaliser, de manquer une occasion; et tout cela baigne dans ce sentiment de culpabilité - on a fait une chose qu’il ne fallait pas faire. La culpabilité est présente au cœur même de nos actions; on est riche et d’autres sont pauvres et en mauvaise santé; on a de quoi manger et d’autres n’ont rien à manger. Plus l’esprit se pose de questions, plus il cherche à pénétrer, à explorer, et plus grand est le sentiment de culpabilité, d’angoisse...


Nous sommes dépendants de l’autorité : celle de nos parents, de la tradition, de nos expériences et de notre savoir accumulé, du passé, des spécialistes en tout genre, des institutions, du professeur, du psy, du prêtre, par la société, la culture, du regard des autres, de leur jugement etc etc… Nous sommes conditionnés par ses autorités. Et là où il y a autorité, il y a conformisme, imitation, comparaison, suppression, contrainte, adaptation, résistance violence.


Nous nous comparons tout au long de notre éducation, à l’école, avec le système des notes, des examens, et des premiers de la classe. Les sports et la compétition n’échappent à la règle. Se comparer à un autre est destructeur et engendre la violence intérieure, puis extérieure. Ainsi se comparer à un autre c’est devenir agressif et violent. La violence n’est pas nécessairement de tuer ou de blesser quelqu’un, elle se cache dans la pensée de celui qui dit « je dois ressembler à un tel, je dois donc me perfectionner.. ».

Se perfectionner est l’opposé d’être libre; libre de comprendre d’instant en instant.

Nous sommes des esclaves du devenir et de la projection dans le temps : vouloir être ce que l’on est pas. La comparaison et le conformisme suscitent le conflit, la suppression et la souffrance. Quand on prend conscience du conditionnement intérieur qui est le fruit de l’autorité, du conformisme à la tradition, à ce que les spécialistes disent, à ce que la famille pense, au poids de notre éducation.. alors on comprend qu’il n’y pas de liberté dans cet enfermement.

Il ne peut effectivement y a voir de liberté là où règnent l’autorité et le conformisme.

Ces derniers engendrent une dépendance intérieure et suscite la peur. C’est l’esprit dépendant qui qui créé la confusion et le désordre intérieur. Voir tout cela sans demander comment s’en libérer permet de s’en libérer.


Cependant il n’est pas nécessaire de subir une existence conflictuelle et contradictoire. Ce n’est qu’en observant attentivement en soi les motifs et les réactions conditionnées que l’on peut s’en libérer. Cependant il est impératif de le faire sans jugement, sans fuite, sans condamner ni justifier. Alors une énergie passionnée se manifeste et le constat laisse place à la libération, immédiatement.


Seul l'esprit qui n'est pas n'est pas limité par les opinions et la comparaison peut percevoir ce qui est vrai, et agir librement.

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