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De la bonne santé du corps et de l’esprit...

Dernière mise à jour : 12 avr.




Assis à la terrasse d’un café peuplé d’anglais, le bruit d’un homme en partie privé de sa voix vint troubler la quiétude de l’instant. Il essayait de communiquer avec sa femme qui marchait devant lui. Il avait du mal à suivre le rythme, à reprendre du souffle. De son côté, elle peinait à comprendre ce qu’il disait et lui demandait de répéter, ce qu’il fit.

Il n’avait plus de voix, juste un grésillement accompagné de ronflements, de vibrations, de bruits venus d’ailleurs. Il avait probablement tellement fumé dans sa vie que le souffle l’avait quitté, abandonné, déserté. Il y avait une étrangeté dans sa parole, un bruit mécanique, une expression sans chaleur, froide, mortifère.

Pauvre bougre, il aura passé sa vie à se droguer, se polluer l’existence, à s’échapper. Il finira sur le retour comme dépossédé de son humanité, vidé de sa substance, amoindri. L’instant présent ne demandait qu’à être vécu totalement, à découvrir la beauté en toute chose. Mais non, ce serait donc sans, plutôt qu’avec ! Ce que vivait cette personne était bien réel, pas de doute, ce n’était pas une idée mais bien un fait. Il continuerait probablement ainsi à se traîner dans l’existence, sans joie, comme un zombie, piégé, rattrapé par la sottise, par le manque de vigilance, par l’habitude.

Mais que signifie être en bonne santé ?

Il y a la santé du corps, que l’on évite de polluer avec toutes sortes de drogues, tabac, alcools, substances chimiques. Et puis la santé mentale, l’état d’ordre instauré, l’attention aux choses, la liberté de perception hors de tout dogme et croyance.

Dans le manque d’attention au corps, la santé de l’esprit est absente, alors que la santé de l’esprit englobe la santé du corps, les deux sont indissociables.

Nous entretenons notre corps façon athlètes, comme une mécanique de précision, à grands coups de dépassement, d’objectifs, de violence, d’images, de challenges, de mesures, de comparaisons, de contradictions et de conflits. Nous nous racontons qu’il n’y a rien de telle que la souffrance, se faire violence, mesurer ses performances pour entretenir la santé du corps. A aucun moment nous nous demandons quel est l’état de notre existence, plus globalement. Nous préférons le fragment plutôt que la totalité. Mais le fragment ne peut englober la totalité. Le fragment n’engendre pas la bonne santé, au contraire, il dérègle, ajoute à la confusion, éloigne du chemin.


Il faut un esprit sans conflits, attentif, ordonné, sain. Nul besoin d’efforts, nul défis à relever, nul nécessité de s’évader.

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