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Comment se libérer d'une addiction ?

Dernière mise à jour : 20 nov. 2021




Une addiction est une dépendance n'est-ce pas ? Être dépendant de quoi que ce soit implique une perte de liberté, un asservissement psychologique et physique. Mais pourquoi devient-on addict et comment ?


Prenons la cigarette par exemple. On décide souvent de commencer à fumer pour se conformer à une certaine image. Puis on découvre ensuite le désir, la sensation, le plaisir et l'effet de la drogue. N'ayons pas peur des mots !


Une addiction est une identification et un renforcement de l'égo.

Il y a tout d'abord la marque, l'image que celle-ci véhicule et à laquelle on s'identifie. Ex. Marlboro. Il y a le cowboy, le cheval, la veste en jean, les grands espaces du far west, la liberté et la cool attitude d'un mode de vie non conformiste. Puis il y a la gestuelle qu'on adopte, toujours la mème : ouvrir le paquet, enlever l'aluminium, prendre la cigarette, l'allumer, la porter à sa bouche etc.. Puis on la consomme, on tire une bouffée, on recrache la fumée, telle une cheminée dans le froid de l'hiver. C'est tout un rituel. Ensuite arrive le plaisir sollicité, le "rush" éprouvé mentalement, puis la sensation de brulure dans les poumons, surtout quand c'est la première de la journée. On éprouve alors une légère anesthésie de l'esprit, le venin vient d'agir, procurant ainsi un léger décalage de perception avec ce qui nous entoure. C'est l'effet recherché, on y est, on le tient, c'est pour ça qu'on a signé...


En somme fumer consiste en une série d'automatismes qui modifie la perception, qui agit comme une drogue, et avec laquelle on en retire un certain plaisir. Il est indispensable de comprendre comment le plaisir fonctionne pour adresser totalement le sujet de l'addiction.

Le plaisir est une sensation. Il n’y a de plaisir que de ce que l’on connaît, pour l’avoir déjà vécu, pour le reconnaître comme tel. Donc le plaisir est du passé et de la pensée conditionnée. Pour qu’il puisse naître il faut une impulsion extérieure, un mot, une image, un stimuli. Puis rien que d’y penser une sensation se fait sentir. De cette sensation naît le désir, puis le plaisir.


La sensation, comme l’émotion, n’est que la réaction conditionnée de la mémoire.

Le plaisir est donc lié à l’égo, au fait de procurer une sensation agréable à cet ogre insatiable, toujours en quête de plaisirs.. Avec le plaisir vient la peur, ils sont indissociables : peur de ne pas pouvoir répéter la sensation demain. Il est donc question d’enregistrer un souvenir, une image, toute chose du passé, et de vouloir la répéter demain, telle une projection dans l'avenir. Donc le plaisir engendre la peur et n’est qu’une forme d’identification, de distraction, de fuite devant le fait de notre existence..


Ce que nous disons donc c'est que l'addiction est avant tout une habitude qui engendre des actions mécaniques et routinières, en vue de procurer un plaisir.

C'est donc par inattention que l'habitude peut s'installer. Une habitude est une action mécanique, qui piège l'esprit dans le connu et le prive de liberté d'action. L'action de la drogue modifie ensuite la perception et agit comme une forme de soulagement face aux tensions internes. Sans une compréhension globale, il est très difficile de se libérer d'une addiction. On se raconte alors qu'il y a le manque physique, la nécessité de diminuer, de compenser, d'y aller progressivement et tout ce non-sens. On troque alors bien souvent une addiction pour une autre, car le problème fondamental demeure : la fuite.. Excès de sport, de travail, de sexe, de nourriture.. toutes les compensations sont bonnes…


Quand on observe en soi tout le processus de l'addiction et que l'on identifie toutes les tensions, les images et l'égo, il est alors possible de s'en détacher sans effort.

Nous sommes habitués à des méthodes et des systèmes. Nous sommes incapables d'observer un fait sans le fuir, le condamner ou le justifier. Or une addiction répond à un mécanisme psychologique bien précis. Une fois le constat dressé, c'est à dire une fois le danger identifié, on s'en écarte, naturellement. Il n'y a rien d'autre à faire. C'est dans le constat en soi qu'on se libère..

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