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Comment prendre soin de l’enfant qui est en nous ?

Dernière mise à jour : 12 avr.


Il y a bien longtemps que nous avons abandonné cet enfant en nous, dès le commencement. Ça a commencé avec la violence de l’éducation parentale, puis à l’école de la république, élevé à se comparer, dans la compétition des notes et du sport… Et puis ensuite à suivre les modèles et les schémas de nos parents, pour être bien conforme à cette société malade.

L'autorité parentale est basée sur la discipline et le conformisme. C'est en comprenant le sens de la liberté que l'on comprend ce que signifie la discipline. On a souvent tendance à penser que c'est en se libérant des contraintes de la discipline que l'on peut goûter à la liberté. La liberté et la discipline vont de pair. Le mot "discipline" signifie apprendre, et non un état d'esprit qui suit par contrainte un modèle d'action conforme à une idéologie ou croyance.

Un esprit capable d'apprendre est totalement différent d'un esprit qui ne connait que le conformisme et la soumission.

Un esprit qui apprend et qui sait observer ne se contente pas d'interpréter "ce qui est" selon son conditionnement et son bon plaisir particulier.

La discipline ne signifie pas la suppression des contraintes, pas plus qu'elle n'est l'adaptation à un modèle ou à une croyance. Elle est le propre d'un esprit qui voit "ce qui est" et qui apprend à connaitre à partir de ce qui est. Un tel esprit est lucide et éveillé.


On parle en général de "se discipliner" dans le sens qu'il implique une entité qui se discipline conformément à quelque chose. C'est une approche dualiste : vouloir être ce que l'on est pas, ou vouloir faire ce que l'on devrait.. Il y a celui qui, par volonté, s'efforce de contrôler sa conduite, s'opposant ainsi à ce qu'il fait en réalité. Un tel état est un conflit.

La discipline imposée par les parents, la société, la culture ou les instances religieuses signifie conformisme. Elle entraine la révolte contre ce conformisme. Le fait de contraindre entraine naturellement de la résistance. C'est une existence basée sur l'obéissance et la conformité.


Mais quelle est la qualité d'un esprit qui ne se conforme pas, pas plus qu'il n'imite, ne suit ni obéit, et qui pourtant porte en lui une qualité de haute discipline dans ce sens qu'il apprend à connaitre de tout, d'instant en instant ? La vraie discipline est de connaitre, et non de se conformer. Le conformisme engendre la comparaison à l'autre, la mesure, ce que je suis et ce que je devrais être…

Là où il y a conformisme il y a nécessairement comparaison.

On nous a éduqué et conditionné dans le conformisme, à nous comparer à notre frère ou soeur qui réussit mieux à l'école etc.. mais aussi dans le sport et la compétition. Nous ne savons pas ce que cela veut dire que de vivre sans le besoin de se comparer ou d'être en concurrence, et par conséquent non violents et non agressifs. Se comparer à un autre c'est devenir violent et agressif. Se perfectionner va à l'encontre de la liberté intérieure.

Nous sommes piégés par l'utilisation du verbe "être", qui implique demain, plus tard, dans l'avenir etc..

La comparaison et le conformisme engendrent un état conflictuel, la suppression et des souffrances psychologiques sans fin. Il est donc impératif de trouver un mode de vie exempt de comparaison. On peut alors découvrir quelque chose d'extraordinaire, car on se libère de tant de fardeaux. On devient alors totalement sensible et on apprend alors à connaître, non pas ce que l'on souhaite, ni ce qui nous est agréable à connaitre, on connait.

On prend alors conscience de son conditionnement, qui est le fruit de l'autorité, du conformisme à un modèle, à la tradition, à la propagande religieuse, et à ce que d'autres ont pu dire, à l'expérience etc.. Car tout cela est devenu l'autorité.

Là où il y a autorité l'esprit n'est jamais libre de découvrir ce qu'il y a de neuf.

Un esprit libéré des conditionnements divers, et par conséquent sensitif, n'est plus limité à un modèle, il est en mouvement perpétuel, et de ce mouvement il n'y a plus ni suppression, ni soumission, ni de désir de s'accomplir. Et un esprit libre comprend le piège de la dépendance à quoi que ce soit - personnes, amis, femme, développement personnel et ainsi de suite.. car tout cela sucite la peur. C'est précisément là que la peur prend sa source.

On dépend d'un autre pour son confort, l'autre devient une évasion à sa solitude, à sa laideur et à sa mesquinerie, et de la dépendance surgit la peur…

La beauté de l’innocence et de la spontanéité de l’enfant réside dans le fait de ne pas accumuler de blessures psychologiques.


Ainsi, pour retrouver cette pureté intérieure non souillée par les accumulations, il est nécessaire de ne plus donner de continuité au passé, et de ne plus enregistrer ni s’identifier aux blessures passées et à venir. L’innoncence c’est ne pas blesser et ne pas être blessé en retour.

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